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Bussières qui rêve au Tour de France

Poème de Jean Duperray
Musique de Marcel Odouard (1976)

 

Quand Bussièrs’ joue vélo de cœur sur tapis vert,
Tout son circuit sur bleu de ciel valse à l’envers.
Métiers battants, trame de soie, chaîne à vélo,
Au Bal du Bleu, c’est les « Mémoir’s d’un Vieux Piano ».
Couleurs maillots, envols de fleurs, micro-démence,
On a piégé entre nos murs le Tour de France !
Croix-Rousse en Loire, cité fleurie des vieux canuts,
Les gars du Tour pour tout un jour sont revenus !

Dans un vertige d’écureuls en longue file,
Plong’nt Elena, Ducard, Fayard ou Anquetil.
C’est Gimondi, Anglade, Altig ou Poulidor,
Hommes fusées, flèches cyclos, aux ailes d’or.
Flot d’harmonie, sur leur envol, tous se déchaîn’nt
Roger Pingeon, Merckx ou Godfroot, ou Jan Jansen.
Les durs s’engueul’nt pour Poulidor ou Thèvenet,
Ou pour Zoetmelk à qui le bouquet revenait.

Progrès-Tribune, musique auto, brise le crâne.
Seule en son pré, au jour de gloire, la vache flâne,
Dans le troupeau, elle machouille les yeux clos ;
Y a plus de train ! Ell’ connait pas c’lui des vélos.
Les amoureux, en bain de foule, se font la bise,
Dans l’herbe douce, quand les géants fendent la bise.
Tête au soleil, quelques poivrots seront malades
D’avoir mêlé à leur rouquin des limonades.

Vélo de cœur, épous’ras-tu la Petit’ Reine
Roulée à bill’s, aux dérailleurs de ma rengaine ?
Demain tu s’ras, loin du boudin des soirs de fête,
La majorette des vieux canuts, cœur en défaite.
Merle au piston, donne le ton à leur cœur lourd,
Et leur navette, croisant la trame au fil des jours,
Comme aux ch’vaux d’bois leur fait encore de la musique
Au transitor de leur tissage mécanique…

Quand Bussièr’s joue vélo de cœur sur tapis vert,
Tout son circuit sous bleu de ciel valse à l’envers